Six idées reçues sur les Journées Philo

Depuis leur création, les Journées Philosophiques de Vouillé ainsi que les autres activités culturelles et intellectuelles de l'ADOV sont la cible de rumeurs et de malentendus en tous genres que nous aimerions éclaircir et clarifier ici.

1. Idée reçue n°1 : Les Journées Philosophiques de Vouillé sont élitistes et ne s'adressent certainement pas à la population vouglaisienne.

Nous avons toujours dû faire face, depuis le début de nos activités, aux sempiternelles remarques sur la dimension soit-disant trop "élitiste" de nos activités, mais il nous semble que c'est mal posé le problème. Notre but est d'amener une part importante de réflexion, de questionnement, à côté de ce que peut proposer l'université traditionnelle par exemple. Il existe un peu partout en France des universités populaires qui tentent de "partager" le savoir tout en conservant un haut degré d'exigence. Faut-il considérer que la population de Vouillé n'est pas apte à comprendre les problèmes du monde contemporain ? Nous ne le pensons pas, c'est bien pour cela que nos activités tentent de proposes des clarifications, des éclaircissements. Enfin, toutes nos manifestations sont gratuites et ouvertes à tous, notre dispositif d'accueil est donc loin d'être sectaire !

 

2. Idée reçue n°2 : Les Journées Philosophiques coûtent cher aux collectivités locales.

Les Journées Philosophiques ont un budget très circonscrit et restreint : les intervenants ne sont pas rémunérés et nous prenons en charge uniquement leurs frais de déplacement (voyage en seconde classe au tarif SNCF), de restauration voire d'hébergement si besoin. De plus, nous faisons vivre les entreprises locales puisque nous logeons nos intervenants à Vouillé et nous nous restaurons sur place. Il faut savoir que les intervenants viennent car ils ont été contactés personnellement par nos soins et parce qu'ils considèrent que notre initiative est intéressante et sympathique. Ils ne recherchent aucune gloire personnelle ni un quelconque profit. Ce sont des personnes qui mènent un travail intellectuel, de recherche, voire éditorial, sérieux et de qualité : ils considèrent que ce que nous proposons s'inscrit dans cette même exigence.

3. Idée reçue n°3 : Les Journées Philosophiques ne font plaisir qu'à un public restreint.

Les Journées Philosophiques ne peuvent pas attirer autant de monde qu'une brocante ou qu'un vide-grenier, il faut donc comparer ce qui est comparable et voir ailleurs (à Poitiers, à Paris) comment se déroule ce genre de manifestation. Il est clair que dans le contexte actuel des éditions de sciences humaines (voir à ce sujet le rapport de Sophie Barluet), il est devenu très difficile de faire vivre des manifestations exigentes autour de la philosophie, de l'art, de la littérature etc. Il faut savoir qu'un livre pointu et spécialisé en sciences humaines se vend aux environs de 1000 exemplaires par exemple ! Mais nous ne nous adressons pas pour autant qu'à un petit groupe de personnes ! Nous recevons de nombreux témoignages de sympathie mais qui ne se traduisent pas toujours, hélàs, par un soutien concret. Les conférences que nous proposons demandent une certaine disponibilité intellectuelle, une ouverture d'esprit, ainsi qu'un certain effort : ces termes semblent antinomiques avec la culture "zapping" d'aujourd'hui ainsi qu'avec la société mass-médiatique dans son ensemble qui se contente systématiquement de râbacher les même thèmes, les mêmes pseudo-questions sans remettre en cause quoi que ce soit et surtout sans donner la réelle possibilité aux gens de comprendre le monde dans lequel ils vivent.

4. Idée reçue n°4 : Les Journées Philosophiques ne cherchent pas à s'intégrer dans le paysage culturel vouglaisien.

De multiples tentatives ont été faites pour construire des partenariats : nous avons organisé des réunions et des rencontres auxquelles nous avions convié les associations culturelles locales et régionales : Rur'art, la troupe des Piccolino'z, le Noctilus théâtre de Chiré, Aftobuss etc. De nombreux rendez-vous ont par exemple été pris, à l'ADOV ou ailleurs, pour essayer de repérer les projets nouveaux, les associations locales nouvellement formées afin de les mettre en synergie et de les faire se rencontrer avec des structures implantées depuis plus longtemps sur le territoire. L'exemple le plus flagrant est la présence de comédiens du Noctilus à l'inauguration de la médiathèque de Vouillé pour des lectures de livres à haute voix : c'est l'ADOV qui avait pris contact dans un premier temps avec cette compagnie et qui l'a proposée à la responsable de la médiathèque de Vouillé. Ceci prouve que certaines de nos actions ne sont pas visibles, qu'elles sont parfois souterraines, d'où notre problème de reconnaissance.

5. Idée reçue n°5 : Les Journées Philosophiques et les activités culturelles de l'ADOV n'ont aucune visibilité médiatique.

Tous les efforts sont faits par le permanent de l'ADOV pour donner la meilleure visibilité possible à la manifestation : tracts, flyers, affiches déposés dans les commerces, institutions et associations du Pays Vouglaisien ainsi que sur Poitiers. Diffusion dans la presse locale voire régionale quand nous pouvons le faire. Nous avons aussi des contacts avec Radio Pulsar de Poitiers, ainsi qu'avec Affiche Hebdo ou encore Le bouche à oreille. Nous envoyons également systématiquement des mails aux personnes investies sur le territoire. Certains messages ne reçoivent parfois aucune réponse, alors que nous essayons de répondre aux sollicitations les plus diverses. Ceci vient principalement du fait que nos activités ne sont pas "médiatiques" au sens où nous n'invitons pas des gens connus, c'est-à-dire qui passent à la TV et que nous entendons déjà partout. Notre ambition reste à la fois plus modeste et plus ambitieuse : comment donner la parole à ces intellectuels qui accomplissent un travail presque clandestin ? Nous avions invité un sociologue pour parler du camping à la base de loisirs d'Ayron, ce qui était en soi une intervention très abordable ! Autre exemple : Jean-Marc Mandosio a écrit il y a quelques années un livre critique sur la BNF qu'il a appelé L'effondrement de la TGBNF : ses causes, ses conséquences. Personne, quasiment, n'en a rendu compte dans la presse excepté Livres Hebdo ! Beaucoup d'autres exemples pourraient être donnés !

6. Idée reçue n°6 : Les Journées Philosophiques et les activités de l'ADOV n'ont pas de bilan clair et fiable.

Les Journées Philosophiques font toujours l'objet d'un compte-rendu qui dresse une sorte de diagnostic de la manifestation : ce qui a bien marché, ce qu'il faudrait améliorer, etc. Nous sommes conscients de nos carences et de nos lacunes et nous essayons, dans la mesure du possible, d'y faire face et de les combler. Bien sûr, chaque compte-rendu comprend également le bilan financier, toujours équilibré. Nous recevons parfois des courriers de remerciement de la part de personnes du public ou de la part d'intervenants que nous conservons dans nos archives. Les bilans des réunions récentes seront mis en ligne sur le site dédié aux Journées Philosophiques.